Mercredi 18 juin 2008
Par Rehane. F
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 15 juin 2008
A chacun son histoire propre ; ils viennent de pays qui ne pouvaient plus les contenir. Ils se procurent un bout de papier, puisque c’est d’usage pour traverser quelques frontières. Lorsqu’ils ne peuvent l’obtenir à coup de courrier et de paperasse ils l’achètent. Quand ils n’en ont pas les moyens, ils s’en accommodent et échouent, tout de même, sur les côtes de l’occident ou se noient pour les moins chanceux d’entre eux. C’est une fois sur la terre ferme que la pénibilité du voyage s’efface pour céder la place à la cruauté de nouveau milieu. Celle d’un nouveau projet empreint d’espoir que de craintes. Souvent les « sans-papiers » fraichement débarqués cherchent instinctivement à se fabriquer des repères dans les pays étrangers dans lesquels ils arrivent. Tout élément « connu » est alors bon à prendre, les membres de la famille, de la communauté ou de la même couleur par défaut. Puis commence la besogne ; pas question de s’assoupir quand on n’a pas de travail. Faut prouver son efficacité, quand on est sous payés il faut redoubler d’effort et enchainer les jobs. « L’âne dort debout » me disait l’un d’eux en riant au bout de six mois passé sans un seul week-end de repos. Se cacher, vivre caché c’est la règle d’or à observer pour ne pas retourner à la case « départ ». Fascinantes que sont les histoires que porte chacun d’entre eux. Comme celle de (A) qui s’effondre en visionnant une cassette vidéo avec son voisin - lui en situation régulière - venu lui apporter quelques images du pays. (A) qui ne reconnait pas toutes les personnes qu’il a quitté depuis 7 ans demande à son voisin « qui est cette jeune fille qui va et vient dans notre salon et qui parle avec ma mère ». C’est ta petite sœur lui répondit son ami. Il finit par la reconnaitre et fondre en larmes. Sa petite sœur qui n’avait que 13 ans lorsqu’il a quitté le cocon familiale est aujourd’hui une femme de 20 ans. Bien d’autres histoires sont racontées volontiers par ces hommes dès qu’ils ont l’occasion de parler. Des histoires hors du commun qui finissent par le retour triomphal de l’enfant du pays auprès des siens après avoir dompté l’inconnu, ou par un retour emprunt de l’odeur de la déception et de la défaite les poignés liés encadrés par deux gaillards de bleu vêtus ; ou encore des retours dans une caisse en bois destinée à mettre sous terre au plus vite. C’est cela le destin d’un héro : affronter, triompher, perdre ou périr. De nos jours nul autre espèce d’hommes n’incarne, à ma connaissance, ce rôle que ces gens qu’on appelle « les sans-papiers ». Quelle insulte pour leur nature pure sculptée dans les meilleurs des marbres que de les considérer comme de simples contrevenants. Si l’on comparait ces gens à ceux que nous avons coutume d’appeler « héros » ? Des héros, il y en a eu dans l’histoire. On parle souvent d’exploits héroïques lorsque l’on évoque le travail des services de l’ordre ou de la défense de la nation. Ces gens qui affrontent le danger pour le bien être de leurs concitoyens. Certes, c’est une appellation bien méritée, car un jour ils ont pris la décision de se dévouer à cette noble tâche. Mais lorsque danger il y a, ces gens sont motivés par un salaire et un devoir professionnel et préparés par des formations poussées. Une autre catégorie de « héros » est celle des conquérants. Ceux-là répondaient à une idéologie collective qui faisait paraitre légitime de prendre la terre et le bien de l’autochtone en prenant sa vie au passage. Un « héro » n’est pas mieux armé que son adversaire. Les « sans-papiers » eux ont pris un jour la décision individuelle d’affronter l’inconnu au mépris de tous les dangers. Tous payent ce choix de leur santé, de leur jeunesse, certains de leurs vies. Par F. REHANE
Par Rehane. F
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 28 février 2008
 
 (il faut avoir lu le sans-papiers 2, ci-dessous)
   « A table » pouvait-on entendre crier depuis la cour où se trouvait Mourad. Il hâte le pas puis court. Il se retourne pour heurter violemment le pote de la pièce commune avec son gros sac à dos et là, à sa grande déception, il n’en était rien. Le déjeuner n’est pas servi comme venait de le suggérer Sabrina. Il était pourtant rentré sans détours pour savourer son déjeuner avant de repartir à l’école. Depuis l’arrivée de son grand frère, Sabrina l’a habitué à de véritables festins midi et soir. Des frittes lui avait-elle promis hier, et ce n’est certainement pas pour qu’il arrête de l’assaillir de question à l’heure du coucher. Avec un peu de chance cette poule dont il avait suspecté l’absence à la basse cour serait elle aussi sur la table de ce midi. Contrarié, il jette son sac, qu’il portait pourtant avec tellement de fierté, par terre rien que pour embêter sa sœur qui là induit en erreur et va s’assoir à coté de sa mère au coin du feu. Mais il continue à surveiller son sac du coin de l’œil. Ce sac! Ah ce sac, Mourad n’autorisait même pas Nassim, son meilleur ami, à le porter. « Ce sac viens de paris » disait-il à ses copains « c’est mon frère qui me l’a envoyé, il y en plein là-bas à paris, il m’a envoyé même une trousse assortie pour mes crayons ». Mais en ce moment tout ce qu’il l’intéresse c’est son ventre qui gargouille. 
   Sa petite scène ne produit pas l’effet escompté. Sa mère ne le gronde pas pour avoir jeté son cartable et Sabrina n’éclate pas de rire comme elle a coutume de le faire pour se moquer de ses bouderies. Il se met à grommeler sa colère avec de temps à autre des « pourquoi », des « toujours » et des « jamais » qu’on pouvait distinguer parmi ses balbutiements. En effet, personne ne semble se soucier de sa déception manifeste. Sabrina est occupée à achever la préparation du repas tandis que sa mère regarde fixement la flamme avec un air songeur. Au coin du feu, le regard cassé, elle n’a de pensée que pour son fils déprimé. Cela fait une semaine qu’il vit cloitré dans son grenier, car c’est là qu’il couche depuis la mort de son père il y à cinq ans. Un bon garçon se disait elle, comment la vie peut elle aussi cruelle avec lui? Il a pris la responsabilité de sa famille depuis que la perte prématurée de son père fit de lui l’homme de la maison. Elle se remémore les conversations téléphoniques qu’elle avait avec lui lorsqu’il était à Paris. Il appelait une fois par semaine, qu’il en ait eu les moyens ou pas. Au téléphone elle lui martelait toujours «  t’occupe pas de nous, mon enfant, garde un peu d’argent pour toi t’en aura besoin un jour ou l’autre, tu n’as pas à t’inquiéter pour nous. La vente des cerises nous apporte de quoi vivre et ta sœur et moi tenons un beau potager avec toutes sortes de légumes ; nous ne manquons de rien ». «  Vous n’avez plus besoin de travailler », lui retoquait-il à chaque fois, «  je vous enverrais de l’argent tous les mois, occupes toi de ta santé et laisse moi m’occuper du reste ». La mère avait appris à s'arranger avec la misère du quotidien mais la joie de voir son fils réussir et rester fidèle à sa famille lui procurait le sentiment que sa vie n’est finalement pas si inutile qu’elle l’a toujours considérée. C’est avec une  multitude de veux de joie et de bonne fortune pour son fils que Fazia finissait toutes ses conversations téléphoniques; au point que parfois Karim s’en sentait gêné de raccrocher « que dieu te protège mon fils, que dieu te rende le bonheur que tu nous procures à tous  » et autres «j’espère que tu nous reviendras bientôt le cœur satisfait et en bonne santé ».
 
 En s’installant, probablement pour susciter une réaction, Mourad bouscule sa mère mais elle ne branche pas. Présente mais absente, elle attend l’appel de la petite Lisa la fille de la voisine qui va l’accompagner chez la devineresse du village d’à côté. Elle en a entendu beaucoup de bien. Elle va la voir en désespoir de cause après avoir tout essayé. Rien ne semble prendre avec Karim, le plus cher de ce qu’elle a dans ce monde et la plus cuisante de ses plaies. Peut être que cette vieille guérisseuse pourrait le faire sortir de son isolement. Quitte à y mettre toutes ses maigres économies elle est déterminée à tout essayer.
-         Tante Fazia, l’interpella la petite voix de Lisa qui vient d’entrer dans la pièce.
-         Oui mon enfant, répondit Fazia en se retournant.
-         Ma mère te fait dire que dès que papa aurais fini de manger elle passera te voir pour aller chez…je ne sais plus qui, désolé. Mais elle a dit que tu le savais.
-         Merci, ma Fille, reste déjeuner avec nous, même Mourad n’a pas encore mangé.
-         Je ne peux pas, tante Fazia, je dois aider maman à faire la vaisselle.
-         Vas-y alors et rentre directement à la maison, ta mère doit t’attendre.
-         Au revoir, lâche timidement Liza en sortant.
Mais qu’est ce qu’il fait là haut, s’exclama soudain Sabrina, comme si cette réflexion n’était pas destinée à être entendue. Va appeler ton frère enjoint la mère à Mourad qui s’exécute aussi tôt. Arrivé en haut de l’escalier il appelle son frère à maintes reprises sans avoir de réponse. Il se met alors à tambouriner sur la porte comme quelqu’un qui n’a pas envie de remonter l’escalier une seconde fois parce qu’il ne s’est pas montré insistant. « Maman, il ne répond pas », dit il en redescendant « peut être qu’il n’a pas faim ou qu’il envie de manger plus tard ». D’un coup la mère prend conscience qu’elle n’a pas entendu de bruit en provenance de cette chambre depuis hier soir. Elles se regardent simultanément avec Sabrina, comme si elle lui avait transmis ses angoisses par une sorte de télépathie. Suivie par sa mère Sabrina monte les deux par deux les quelques marches qui séparait la pièce principale de la chambre de son frère. Puis elle s’arrête net derrière la porte et tend l’oriel pour distinguer d’éventuels bruits qu’elle n’aurait pas pu entendre d’en bas. C’est alors qu’elle sent sur ses pieds un léger courant d’air froid provenant de la fenêtre que Karim a du laisser ouverte. Etrange se dit elle, elle regarde le bas de la porte et remarque un bout de papier que le vent a du pousser hors de la chambre. Elle s’en saisit pour lire ce qu’il lui semble être une lettre. Elle ne l’aurait pas fait en d’autres temps mais l’état de son frère qui ne parlait plus légitimait, pour elle, toute intrusion bienveillante dans sa vie privée. Sa mère qui est à une marche derrière elle la presse de traduire ce qu’elle lisait mais Sabrina ne semblait pas l’entendre. Elle enfonce littéralement la porte pour lancer en suite un cri lancinant qui finit par confirmer les craintes de sa mère. Effondrée nna Fazia s’assied sur la dernière marche de l’escalier. Elle à tout compris. Il n’y avait plus qu’a attendre que sa fille dont on pouvait entendre, à pressent, les gémissements de puis l’extérieur de la maison sorte et lui lise ce maudit papier. 
Sabrina, effondrée, finit par sortir et calmement se mit a coté de sa mère qui serrait le petit Mourad dans ses bras ; et se mit à lire.
« Maman, Sabrina, Mourad » lit Sabrina avec un détachement schizophrénique
«  Je m’excuse…maman je n’ai pas réussi, je préfère que tu meures avec la joie de retrouver ton mari et ton fils que de te laisser mourir chaque jours de tristesse de voir ton raté de fils se battre à armes inégales contre la misère. Sabrina, j’ai caché un peu d’argent sous mon lit, ça c’est pour toi, ton inscription a l’université l’année prochaine, soit une bonne fille, grande sœur, peut être réussira tu a faire ce que ton petit frère n’a pas réussi.
Mourad,  occupes toi du mieux que tu peux de maman et de Sabrina, demande de l’aide à Ammi (cousin) Arezki mais surtout ne lui en veux pas s’il ne te l’accorde pas. Tu sais qu’il a une famille nombreuse et sa femme est malade. Soit moins sévère avec Sabrina que je ne l’ai été moi. C’est une fille bien, tu sais.
J’ai cessé d’espérer le jour ou cet homme m’a dit « VOS PAPIERS MONSIEUR » ces quelques mots ont signé la fin de mes jours …J’ai cherché à lui pardonner, à pardonner à tous ceux qui ont participé à mon expulsion, car ce ne sont que des outils entre les mains d’une volonté qui leur est supérieure. Mes ce sont ces outils qui mont fait du mal. Comme une bête qui mord le bâton qui lui fait mal faute d’atteindre la main du maitre qui la bat, moi le sans papiers ta victime, je te maudis toi mon bourreau ; maudit soit-tu jusqu’ à tes derniers jours et au-delà
Maman, Sabrina, Mourad, je vous abandonne, ainsi, à la volonté de dieu, la mienne n’a rien pu changer, puisses-t-il être clément envers vous.
Adieu votre bien aimé Karim. »
 
Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 9 février 2008
 Je ne sais pas par où commencer. Par l’événement qui a déclenché cette avalanche de regrets, de remords et de déception ? par cette tristesse qui taillade ma poitrine de l’intérieur ? ou par ma vie qui touche à sa fin dans la solitude et la déception les plus complètes. Un compliment n’est rien sans l’estime à la quelle on tient le complimenteur. Combien de fois, et s’était s’insère, je lui ai dis « je suis fier de toi mon fils ». Je l’ai toujours pensé. Je me suis attribué cette réussite autant qu’aux efforts qu’il à déployé pour en arriver là. Aujourd’hui j’ai des doutes. Etais-je une ressource comme je l’ai toujours pensé ou une entrave supplémentaire qu’il a du surmener pour arriver à bon port?
 
             Pourquoi ? J’avais, pourtant, pris mon costume des grandes occasions, les cheveux bien brossés. Je me sui même aspergé d’eau de colonne. Moi qui n’ai jamais aimé tout ce qui est façade et apparence et tenté de transmettre ça à ma descendance. Oui, un bougre de paysan, voila ce que je suis.
 
             « Désolé, monsieur, il est sorti pour une affaire urgente » voila ce que cette minette m’a répondu. J’ai préféré laisser cette larme me bruler les paupières plutôt que de permettre de me ridiculiser plus que je ne l’étais déjà. Mais il ne savait pas que j’avais fait le tour de l’immeuble ; justement pour arriver à son bureau avec quelque chose dans les mains. Il était bien là, et discrètement m’a regardé puis a changé de pièce. Mon fils s’est caché pour ne pas avoir à me présenter à ses amis de la haute société. Ils étaient tous là, bien habillés, l’air intelligent, certainement à faire des phrases au sens qui me dépasse de loin. Moi, j’étais là, une tache sur le pas de la porte et on a confié à la secrétaire le soin de s’en débarrasser.
 
             Sans mot dire, j’ai rebroussé chemin. J’ai refait le tour du pâté de maisons, il était là derrière ces persiennes ; j’en suis sûr. Puis je suis rentré sagement à la maison. Le train n’a jamais était aussi lent. J’attends son appel, il va surement m’appeler pour me dire « excuse moi papa, la secrétaire m’a informé que tu es passé me voir… ». Mais je sais ce que je vais lui répondre.
 
             J’aurais voulu que tu sois aussi fier de moi que je le suis en te regardant. Ton père n’est pas instruit. Je t’ai toujours nourri à la force de mes bras. T’aurais voulu avoir un père intelligent qui arriverai te prendre dans une belle voiture. Tu vois les parents de tes collègues avec leurs costumes qui tombent bien. Eux savent trouver les mots qu’il faut pour parler en public, faire des sourires quand il le faut et évoquer d’autres sujets que la météo et la vie chère. Je m’en veux d’être ton père, mais c’est comme ça tu n’as pas eu le choix. Mais saches-le ; je t’ai toujours élevé avec amour fierté et honnêteté.
             Je suis quand même fier de toi ; mon fils….
 
                                                                                                                                            
Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 15 décembre 2007


Ces nouveaux métiers de l’ergonomie 

 

Comme tous les mois nous vous invitons aujourd’hui à découvrir un métier qui est dans l’air du temps mais qui demeure assez méconnu par le grand public. Il s’agit de l’une des spécialités auxquelles aboutissent des études en sciences ergonomiques  « L’analyste de prescription » (AP dans ce qui suit).Pour réaliser cet article nous avons, après une période d’investigation pour mieux cerner le domaine, rendu visite à plusieurs chercheurs et ergonome AP. mais avant de vous exposer le résumé de nos entretiens nous commencerons par un petit exposé de ce que c’est que l’ergonomie à notre époque.

 Les choses ont commencé à s’éclaircir depuis le divorce prononcé entre l’ergonomie du travail et celle du quotidien au début du siècle. Il y avait depuis le commencement une volonté concrète de préciser l’objet de l’ergonomie c’est pour cela qu’on a assisté à diverses classifications dont la plus marquante est celle qui opposait l’ergonomie de conception à celle de réparation. Mais les actifs du domaine ont vite pris conscience du fait que la conception peut être pour le travail ou pour la vie hors travail ; et que la réparation peut inclure une reconsidération des outils conçus, voir déboucher sur de nouveaux projets de conception.

 
 Division du travail social exige, les sciences de l’ergonomie dans leur évolution naturelle ont donné naissance à une multitude de nouvelles disciplines dont «L’analyse de la prescription ». En effet, après l’engouement qu’ont suscité les ergonomes dans tous les milieux professionnels pendant les années 2010 cette discipline a connu un essor fulgurant. On assiste aujourd’hui à une nouvelle génération d’ergonome de plus en plus spécialisés et dont le domaine d’expertise est de plus en plus concis. Le dernier né des ces métiers est celui « d’analyste du prescrit ». 
 
 Ces nouveaux spécialistes du travail œuvrent en réseaux professionnelles tel que les autorisent les nouvelles lois (organisation d’un réseau professionnel : des professionnels de divers horizons qui consentent à créer un R. T. I. P (réseau temporaire d’intérêts partagés) pour une durée limitée qui correspond à la durée de la mission qu’ils s’allouent.)
 
   Statistiquement, comme c’est le cas dans tous les réseaux, le professionnel qui décroche le contrat, s’octroie la rémunération la plus avantageuse à la fin de l’étude ; sauf si l’objet principal de la demande est dans le champ d’activité de l’un de ses collaborateurs.
 
  Internet a beaucoup favorisé l’apparition de ces entreprises éphémères.   Un réseau d’A. P peut être composé de juristes, médecins du travail, de contrôleurs…ou de tous autres spécialistes du sujet à traiter. On voit de plus en plus de cabinets d’AP intégrer dans leurs équipes des spécialistes en économie pour proposer à leurs clients un service des plus complets.
 
 On fait appel à un A. P avant, durant et après la création d’une « unité d’activité », celle-ci pouvant être une entreprise, une association, un hôpital… en bref, c’est tout système dans lequel un ou plusieurs producteurs (l’individu qui est en situation de production professionnelle, jadis travailleur) sont appelés à exercer. Elle comprend des composants physiques et d’autres immatériels ; les composants physiques sont représentés par le lieu de travail, les opérateurs et les différents artefacts et outils en présence. Les composants immatériels consistent en l’environnement conceptuel qui entoure la production. Ce sont ces éléments dits « conceptuels » qui intègrent les prescriptions. Celle-ci doit être portée à un optimum pour un meilleur fonctionnement d’une unité d’activité. C’est là que la participation d’un bureau d’A. P peut s’avérer constructive si non indispensable.   
 
 Malgré la présentation quelque peu élogieuse faite au début de cet article de l’analyse prescriptive, les statistiques montrent que les entreprises qui font appel à ce nouveau genre de services sont celles dites « grosses entreprises », mais on assiste à de réels efforts de la part des autorités, notamment du ministère du travail, qui tendent à élargir le champ d’application des A P aux petite entreprises moyennant quelques avantages fiscaux. Car, en effet, une prescription adaptée au producteur est pour le moins bénéfique, pour faire court, au trésor publique.
 
 Au sein même de la communauté des ergonomes, certains se sont laissés convaincre de la non-scientificité de leur discipline. Sur cette question aussi les tenants de l’avis contraire ont du se battre pour affirmer sa place parmi les différents champs de la connaissance humaine. Elle a du, comme toute discipline naissante, s’appuyer sur ses voisines pour évoluer et se créer un espace de plus en plus cohérent et distinct. Désormais que son domaine, ses méthodes et ses lois sont devenus évidents pour tous, elle n’est plus contestée que par les quelques rares récalcitrants. Par ses méthodes scientifiques, l’A P repasse en vue d’abord la prescription descendante à commencer par les règles qui régissent le métier. Ainsi, un AP pratiquant la méthode de l’entonnoir (pour n’en citer qu’une seule) en arrive au règlement intérieur et aux consignes de production. Cette première analyse est nécessaire et pour ce faire l’A.P a souvent recours aux services d’un juriste et des spécialistes de la formation. La deuxième partie, non moins importante, consiste à analyser le « prescrit ambiant » c'est-à-dire tous l’univers prescriptionnel à l’intérieur de l’unité active. Les traces de ce type de prescrit se retrouve dans l’activité même des operateurs. L’injonction dans ce cas n’émane pas d’une hiérarchie mais circule à un niveau horizontal. Il s’agit des « à-faires » que s’assignent les operateurs à eux mêmes ou a leurs collaborateurs (sans leurs subordonnés dans la hiérarchie).
 
Les entreprises ayant été analysées sont généralement fières d’arborer le certificat délivré par l’analyste. J’ai vu, pour l’anecdote, plusieurs bureaux dans lesquels en retrouve le certificat de l’AP accroché au mur à coté des diplômes et attestations du directeur. C’est un nouveau métier, c’est un beau métier, un métier bien utile. 
 
 Par F. Rehane
 
 
Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 2 décembre 2007

 

-          Ils crèvent de faim !
-          Oui, mais ce n’est pas de notre faute. La nature est ainsi faite.
-          Nous ne sommes pas complètement tributaires de ses aléas! C’est toi qui me le disais la dernière fois  que si nous sommes dotés de la raison c’est justement pour contourner les lois de la nature qui sont immuables pour les espèces inferieures.  Tu sais; je pense que science nous a échappé ; elle nous oblige à sortir de notre cantonnements. « La mondialisation » disent-ils. Moi, je pense que ce n’est pas dans notre intérêt toute cette histoire là. Nous serons obligés de répondre à beaucoup de questions.
-          Des questions ! lesquelles ?
-          Les inégalités, la famine, les guerres. Ça va devenir un véritable champ de bataille sur la place publique de la mondialisation. Il fait chaud dans ce bureau, tu ne trouve pas ? je dis, nous serons bientôt obligés de céder.
-          Répète ce que tu viens de dire !?
-          Quoi, nous serons obligés de céder ?
-          Non, pas ça, ce que t’as dit lorsque tu dénouais ta cravate.
-          Ah oui, il fait chaud dans ton bureau ?
-          Oui, c’est cela. Il fait chaud dans mon bureau, il fait chaud dans mon bureau. Mais pas uniquement. Tiens passe-moi cette chemise jaune là; oui celle là.
-          Tiens, mais je ne vois toujours pas où tu veux en venir.
-          Voila, c’est un rapport que j’ai lu la semaine dernière. Il est dit qu’il fait de plus en plus chaud sur notre planète, les glaciers sont entrain de fondre et dans pas longtemps une importante proportion des terres viables sera  engloutie sous les eaux.
-          Ne me dis pas que tu crois à ces théories alarmistes !
-          Que j’y crois ou pas, ça n’a aucune importance. L’important c’est la mondialisation et le danger qui nous guette. n’est-ce-pas ?
-          Oui, mais où est le rapport ?
-          Il s’agit d’occuper l’espace.non?
-          Ah, oui, non ne me dis pas que tu veux… !
-          Oui, c’est un sujet qui intéresse tout le monde. Planétaire… un sujet MONDIAL. Bientôt on ne parlera plus que de ça.
-          Je vois…tu sais que t’es un géni, toi ! les medias, les associations, internet…je suis sur que ça va marcher. Mais le problème c’est combien de temps ça peut les occuper.
-          C’est toujours le problème avec toi. Tu es trop pessimiste.  Arrête de t’inquiéter et mettons-nous au travail.
Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 1 décembre 2007


…oui ma chérie, je ne t’en veux plus de m’avoir quitté. Tout était pourtant si beau avec toi. Ta simple présence m’aurait rendu le sourire aujourd’hui malgré ce mal qui broie mes entrailles. Tu as de la chance d’être partie comme ça, de la même  façon paisible et sereine que tu as vécu. Il fallait bien que l’un de nous deux parte en premier et c’est à toi qu’est revenu cette satisfaction. Vas,  tu l’as bien mérité. J’ai mal. Il faut que j’arrive à me retourner. C’est ça… d’abord le bras, la jambe et le buste va suivre. Ça y est, j’y suis, pour me lever ça va être une autre histoire. Pourtant il le faut, il faut que j’arrive au moins à atteindre ce téléphone. Aaah, aaah, j’ai encore de la voix. Pas suffisamment pour qu’on m’entende de l’extérieur mais je pourrais faire comprendre à ces pompiers qu’il faut absolument venir me venir en aide, que je souffre. Il fait chaud. Tu me nargue maintenant. Mais regarde-toi, tu n’es guère mieux que moi. Tu as perdu la moitié de ton contenu depuis hier. Si tu as de la chance, je retrouverai des forces me lèverai et boirai ton fond ; tu auras ainsi bien rempli la fonction de tout bon verre qui se respecte. J’ai soif. Encore des pas, des pas et des pas, l’ascenseur qui n’arrête pas de monter et de descendre sans que personne ne frappe à ma porte. Je suis fatigué, il fait chaud. Traitres de jambes, traitres de bras, traitre de jeunesse qui m’avez tous abandonné. Traitre de gorge qui ne daigne pas sortir un son pour me sortir de cette fatalité. J’ai la gorge sèche. Arrete de me regarder. J’étais là pour tes premiers pas, moi. Je t’ai élevé, bien élevé. Tu n’a pourtant jamais manqué de rien. Heureusement que ta mère nous a quitté ; elle serait déçue de ton comportement, voila. Je t'ai vu naître et grandir, tu ne me verra même pas partir. Si je réussis à me lever c’est ce satané cadre que je vais casser en premier, avant même de boire. Il fait chaud. Dieu ; sors moi de là. Je suis aussi ton fils. Qu'ais-je fais que je n'aurais pas dû, étais-je à se point mauvais pour périr seul sans personne, dans mon coin. Et voila que je me remets à faire des rimes. Je m’en retourne à toi, pitié ne me fait pas la moue. Fait qu'ils quelqu’un vienne, un amie un voisin qu'importe. Je ne veux pas partir comme ça, que quelqu'un frappe à cette porte. J’ai sommeil, je vais faire un petit somme et attendre la fraicheur du soir pour me lever peut être même que je prendrais une douche.
"…depuis environ trois jours ", constate le médecin puis les agents de la municipalité lèvent le corps.
Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 11 novembre 2007

 

Les derniers jours 1

 Fidèle à ses habitudes, Sara accroche d’abord sa veste sur le porte manteau de l’entrée puis pose son sac sur la petite table  dans le hall. Elle en sort son téléphone portable et va pour le poser sur la télé du salon. Mais cette fois ci elle s’arrête net sur le seuil. La scène s’offre à elle est inhabituelle. Fred, son mari, est là affalé sur le canapé la tête entre les mains. La télé est allumée mais Fred ne semble pas prêter attention à ce qui s’y présente. Elle remarque sur la table basse, un journal, un paquet de gauloises blondes,  un cendrier qui a en évidence trop servi, et deux bouteilles de vin. L’une est presque totalement vidée de son contenu, l’autre conservait encore son bouchon.  
-          Ça va chéri ? interrogea Sara.
  Fred lève lentement la tête vers Sara sans baisser les mains ni répondre à sa question. Elle s’approche et se débardasse négligemment d’un coussin pour se faire une place à coté de son mari, « parles moi Fred tu m’inquiète, tu as les yeux tous rouges, y’a un problème ? » le visage qui se dévoile alors est celui d’un homme abimé par l’absorption d’une quantité déraisonnable d’alcool, l’air brisé par une peine accablante.
 Qu’est ce qu’il y a chéri, c’est pourtant toi qui dis toujours « pas d’alcool pendant la semaine », tu as bus tout ça !? Pourquoi. Tu a des problèmes au travail ; c’est ton patron…c’est à propos de ta prime ? »
 Je suis un monstre, dit Fred, je suis un monstre, rien qu’un ignoble monstre obtus et méchant. Je n’aime pas ce que je deviens, chérie. Je croyais pourtant avoir fait le bon choix, en parfait accord avec mes principes lorsque j’ai décidé d’entrer dans la police. Je n’ai fait que mon devoir. Je n’ai fait que mon devoir…oui je n’ai fait que mon devoir. C’est mon travail, mais mon travail fait du mal à d’autres personnes. Mai c’est… il tend la main pour prendre le verre vidé à moitié laissant la fin de sa phrase en suspens, mais Sara l’intercepte avant qu’il ne puisse le mener à ses lèvres.
- J’ai écrit quelques lignes dans mon journal, poursuit-il.
  Sara : ah oui, ça c’est triste. Moi aussi ça m’a fait la même chose la dernière fois que j’ai gribouillé sur mon journal. Mais tu verras ça va passer, mais c’est vrai y’a pas plus triste c’est même dramatique.
  Fred qui d’ordinaire n’était jamais insensible à ce genre d’humour  ne bouge pas un cil. Il fixe sa femme dans les yeux, sans même un sourire pour la remercier de cette tentative d’apporter un peu de légèreté dans ce climat lugubre dont était plongée la pièce.  Sara comprend alors que l’état de son mari nécessitait bien plus que ne pourrait résoudre sa bonne humeur qui s’est avéré pourtant très efficace à maintes reprises. D’un geste lent il prit le calepin rouge posé sur l’accoudoir du fauteuil, retira le stylo qui faisait office de marque-pages et se mit à lire :
 « J’ai, pourtant, pris mon air méchant, le plus méchant que j’ai pu, car je craignais que l’empathie que j’éprouvais pour cet adolescent encore boutonneux  finisse par adoucir mes traits et ne l’autorise à avoir le moindre espoir quand au dénouement de la situation. Le moniteur nous parlait d’une attitude juste, respectueuse, sévère et intraitable, il parait que ça aide à se sentir plus sûr de soi. Non, ça n’a pas marché pour moi. Plus je fronçais mes sourcils, je durcissais mon regard plus fort me criait cette petite voix en moi « bourreau, bourreau, voila ce que tu es ; Un sal petit bourreau ».
  Sachant que je ne parviendrai pas à faire taire seul les réprimandes de ma conscience, je me suis mis à  rechercher des alliés parmi les passagers du bus. Tandis que ma victime décrochait son regard de tous ce qui l’entourait, j’accrochai le mien à tout ce qui pouvait renforcer ma foi en la justesse de mon acte. Un par un, j’ai regardé un par un les yeux qui voulait bien croiser les miens. Rien. Aucun des  passagers de ce foutus bus n’a daigné me témoigner le moindre geste d’approbation, ou ne serait-ce que de tolérance je me serais même contenté d’un peu d’indifférence. Je n’y ai décelé que du mépris.
   Lorsque je vis la voiture de police sur la chaussée d’en face, j’enjoins au conducteur d’arrêter son bus, ce qu’il fit avant d’ouvrir la porte.   La contrôleuse de tickets qui avait démasqué le contrevenant accourut au dehors pour rejoindre mes collèges venus en renfort. Ils étaient là pour accompagner le malheureux à ce qui sera certainement le lieu de son dernier séjour dans mon pays.
  Cela faisait longtemps que je n’espérais plus le soutien de mon entourage et cette séquence a offert à mon esprit tourmenté un petit moment de répit. Mais cela ne dura pas, car j’ai commis  l’erreur de regarder encore une fois le visage de ce garçonnet. Il était pale, absent, les yeux dans le vague. La vie semble s’être arrêté pour jeune homme au moment ou son chemin a croisé le mien. Une larme a dévalé sa joue pour se briser sur son genou comme ce petit résidu de satisfaction qui persistait en moi.
   J’en voulais à cette contrôleuse de m’avoir signalé qu’il n’avait pas de papiers. Je lui enviais   cette satisfaction du TRAVAIL bien fait et de cette gaité qu’elle affichait en s’approchant de mes collègues. On aurait dis une écolière qui a réussi à son examen et qui coure montrer ses résultats gratifiants à ses parents. Je m’en voulais d’être là car cet homme à qui je suis entrain d’arracher tout espoir ne m’a rien fait. Je lui en voulais, un peu, à lui aussi. Il aurait quand même pu s’acheter un ticket de transport, ne pas se faire attraper ou encore se déplacer à pieds. Je lui en voulais de ne pas avoir essayé de fuir, de ne pas s’être débattus, de ne pas m’avoir mis ne serait-ce qu’un petit coup de poing. Ce n’est que comme cela que ma conscience aurait cessé de me canonner de reproches. Je l’aurais, alors, plaqué face contre terre bien comme je sais le faire. Proprement, sans bavures, du beau travail,  je lui aurai mis les menottes suivant les bons percepts de la procédure. L’espace d’un petit moment je me serai vu en héros. Je l’aurai relevé fièrement et gardé la tête bien haute. J’aurai impressionné cette assistance qui maintenant n’a de yeux que pour mes collègues en uniforme entrés dans le bus pour achever la triste ouvre que j’ai entamé. Ils sont venus chercher la part du mérite qui leur revient  mais ils m’ont laissé mon chagrin tout entier… » Fred se tut.
 Après un instants de lourd silence, Sara saisit la bouteille et en déverse la lie dans le de verre de Fred puis se lève et  s’éloigne en direction de la cuisine.
Ou vas-tu ? s’exclame Fred.
Sara : chercher un autre verre, bois mon amour, bois. 

Par: F. REHANE

Par Rehane. F - Publié dans : Scénarios
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 9 novembre 2007

merfet-003.JPG

Le stylo

Par Rehane. F - Publié dans : Images
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 20 octobre 2007

DSC00774.JPG

Aurore
Par Rehane. F - Publié dans : Images
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus